Témoignages

  • « J’ai dû expulser une élève de mon cours pour un comportement déplacé. De plus, il y a quelques jours, cette élève a mis une vidéo de moi sur YouTube. La mère, sans connaître ma version, me fait parvenir plusieurs courriels agressifs et menaçants. »

    – école secondaire, janvier 2018
  • « Depuis plusieurs mois, je ressens de l’inquiétude, de la colère, de la tristesse et du découragement face à des élèves ayant des troubles comportementaux (violence envers les autres élèves, opposition envers les adultes, etc.). Les moyens utilisés pour ces élèves ne sont plus efficaces, car il y a toujours des récidives et il n’y a pas de suivi dans le code de vie de l’école. (…)

    Quand j’enseigne, je me sens stressée et non efficace quand il y a des crises. Je rentre à la maison très en colère car les moyens entrepris ne fonctionnent pas et il n’y a pas de continuité sur ces cas problématiques. Je ne peux plus vivre dans une atmosphère de travail aussi inquiétante et peu sécurisante. (…) Je suis à bout de tout ça ! »

    – école primaire, novembre 2017
  • « Un élève me lance un banc (bac de plastique ayant un couvercle de bois) dans le dos pendant que je sors un autre élève physiquement de la classe. »

    – école primaire, 19 mars 2018
  • « L’élève de maternelle arrive à l’école avec un tesson de bouteille qu’il a pris dans son sac à dos et menace les élèves en classe. Je le confisque. Ensuite, il fait mal à deux élèves. Il fait une crise, il m’attaque physiquement pour pouvoir se sauver, tentative de morsure, me pince, me frappe, coups de poing et coups de pied. »

    – école primaire
  • « (…) comportements inadéquats, de la violence et du langage vulgaire, outre certaines interventions faites auprès de ceux-ci, ma classe est non fonctionnelle pour les apprentissages. Je ne peux pas enseigner plus de 20 à 30 minutes par jour. Le reste du temps est consacré au recadrage de ma classe. Suite à plusieurs discussions avec ma direction, je ne vois aucun changement. Je prends des journées de maladie afin de me reposer. J’ai besoin d’aide. (…) En plus de ne pas changer, la situation ne fait qu’empirer. »

    – école primaire, novembre 2017
  • « Pendant que les élèves prennent leur collation, Arthur saisit la jambe d’un élève. J’interviens rapidement. Je fais appel à la TES. L’élève se désorganise. Il court dans la classe, commence à tirer les chaises des élèves. Les enfants ont peur, comme à chaque crise de cet élève. Je dois saisir l’élève pour le sortir de la classe. Il me donne de nombreux coups de pied et tente de me mordre. Je n’ai pas pu continuer mon enseignement, les élèves étaient trop perturbés. »

    – école primaire, janvier 2018
  • « Des élèves de 5e secondaire ont publié, à mon insu, une vidéo sur YouTube comportant des propos portant atteinte à ma réputation et à mon intégrité. Ils comportent aussi des menaces : « Je vais le faire disparaître », « Je suis prêt  à le tirer » »

    – école secondaire, mai 2017
  • « Une élève m’a fait des menaces de mort : « Je vais te poignarder. » Elle s’est avancée vers moi avec des ciseaux à la main et elle a tenté de m’atteindre. Elle a couru après moi dans le corridor pour me blesser. »

    – école secondaire, janvier 2017
  • « Mon directeur m’a engueulée au téléphone, car il croyait que je l’avais exclu intentionnellement d’un envoi de relecture de compte rendu de réunion. Il était hors de lui, m’a tenu des propos durs, agressifs et menaçants et m’a prêté des intentions. Je ne pouvais pas placer un mot, je n’ai jamais pu m’expliquer. J’étais abasourdie, car en aucun temps je voulais mal faire et personne ne mérite ce traitement. »

    – école secondaire, janvier 2017
  • « Un élève est fâché car je lui ai fait remarquer une erreur dans son cahier. Il lance ses crayons et son cahier. Je l’invite à sortir de la classe. Il sort et prend une pelle pour enfant qui est accrochée dans le corridor et il me frappe aux côtes. »

    – école primaire, janvier 2018
  • « Je surveille lors de la récréation. J’interviens auprès d’un enfant qui agresse d’autres enfants. Dès que je m’adresse à lui, il me donne de multiples coups à la tête. J’ai été transportée en ambulance, je suis en arrêt de travail : commotion cérébrale et choc psychologique. »

    – école primaire, mars 2018
  • « Dans ma classe de 26 élèves, 12 ont un plan d’intervention adapté à leurs besoins. Depuis janvier, un élève ne va pas bien. Il est de plus en plus agressif dès qu’il est contrarié. Il me traite de chienne, me lance des objets, m’a volé dans mon sac à main, etc.

    Aujourd’hui, il m’a crié : « Tu ne vas pas me faire chier à matin !? » Et il m’a frappée. J’informe ma direction à chaque événement… Pour m’aider, on me dit que je pourrais obtenir 5 heures par semaine d’une TES. On me dit que c’est à moi de prendre une décision à savoir si ça me convient ou si je préfère aller voir mon médecin. »

    – école primaire, avril 2018

Déclarations santé et sécurité du travail

Les témoignages qui figurent sur ces pages proviennent de déclarations santé et sécurité du travail, ce qui inclut les constats de situations à risque et les déclarations d’accidents et d’incidents de travail, des deux dernières années. Ils sont évidemment anonymes et les noms des élèves sont fictifs pour préserver l’identité de chacun.

Pointe de l’iceberg

Les déclarations acheminées au Syndicat ne représentent qu’une infime partie des événements vécus dans les milieux. La proportion est encore plus faible lorsqu’on parle de santé psychologique.
D’après les données recueillies par le sondage de Léger, 51 % du personnel affirme avoir été témoin ou victime de violence physique et 71 % de violence verbale au cours des deux dernières années. Pourtant, pour la même période, seulement 1 048 déclarations de violences physique et psychologique subies par le personnel enseignant et de soutien scolaire des commissions scolaires des Patriotes, Marie-Victorin et de la Vallée-des-Tisserands qui ont été transmises au Syndicat.

Certaines directions d’école et directions générales des commissions scolaires semblent récupérer les déclarations d’accidents, mais, dans les faits, ne les traitent pas ou pire encore, ne les signent jamais. D’autres tentent carrément de dissuader les personnes victimes d’un événement, une morsure ou un coup asséné par un élève par exemple, de remplir une déclaration. D’autres vont même jusqu’à prétendre que ces situations ne sont pas de leur ressort, ce qui est absolument faux et contraire à la Loi sur la santé et la sécurité du travail.

Les directions qui se défilent de leurs responsabilités font partie du problème, plus encore celles qui choisissent la voie de l’intimidation ou qui tente de renverser le fardeau de la responsabilité sur le dos du personnel pour se dégager de leurs obligations, banalisant les événements et leurs impacts sur les personnes qui les subissent.

Témoin ou victime d’un événement ?

Témoin ou victime d’un événement ?

Alors que dans certains milieux, le climat est particulièrement lourd, qu’il arrive trop souvent qu’il faille remplir plusieurs fois des déclarations pour des événements pourtant similaires, que le personnel qui dénonce une situation à risque soit victime de représailles, plusieurs choisissent de ne plus remplir de déclarations.

Pourtant, ces données sont essentielles. Elles permettent de dresser un portrait le plus réaliste possible des situations à risque auxquelles est exposé le personnel de l’éducation et de suivre l’évolution de la situation.

Si vous êtes témoin ou victime d’un événement, il faut remplir une déclaration

Des questions ? Besoin d’aide ? Contactez-nous

Et maintenant ?

Au Syndicat de Champlain, nous sommes d’avis que l’employeur a la responsabilité de respecter la Loi sur la santé et la sécurité du travail et d’assurer un milieu de travail adéquat, sain, respectueux et exempt de violence et d’intimidation.

Il est plus que temps que des actions concrètes soient prises pour remédier aux situations conflictuelles et problématiques dans certaines écoles et centres. Parce qu’au-delà des histoires entendues, des dossiers qui s’accumulent, des arrêts de travail qui se multiplient et des cas d’invalidité qui bondissent, nous avons désormais des données claires et probantes sur l’état des lieux, un portrait quantifiable de ce que vit le personnel de l’éducation. Et il faut que ça change.

Ce sera désormais tolérance zéro en matière de santé et de sécurité au travail. Finies l’intimidation, les représailles, les mesures disciplinaires pour faire taire. Finis le laisser-aller, la pensée magique et le fait de tout remettre sur le dos du personnel de l’éducation. Le message est clair : Pu capable !

En savoir plus

J'appuie la campagne

Vous vivez ou avez déjà subi des problèmes en lien avec le climat de travail : intimidation, violence, représailles, manque ou absence de support de votre direction, etc.? Vous vivez ou avez déjà vécu une situation similaire à ces témoignages ? Vous avez été témoin de telles situations ou conflits ?
Appuyez la campagne « Pu capable » pour unir votre voix à celle de vos collègues. Exigeons plus de respect pour le personnel de l’éducation et agissons !

Aimez et partagez la vidéo de la campagne

À propos

Violence verbale et physique, intimidation, climats conflictuels et envenimés, pensée magique des directions qui espèrent que tout se règle avec le temps et mesures disciplinaires pour faire taire minent gravement les climats dans les écoles et dans les centres.

Au cours des dernières années, les malaises et les cas isolés se sont multipliés au point de devenir un problème sérieux et incontournable dans nos établissements scolaires.

Les membres du Syndicat de Champlain ont clairement adressé le problème lors du dernier Congrès du Syndicat, en mars 2017, faisant de la santé et sécurité du travail un chantier majeur pour l’organisation.

La firme Léger a donc mené, pour le compte du Syndicat de Champlain, un large sondage auprès d’un échantillonnage significatif de 500 membres, personnel enseignant et de soutien scolaire. L’étude portait notamment sur la satisfaction du personnel au travail, sur le climat de travail, sur l’existence de violence et d’intimidation dans leur milieu, sur la charge de travail et sur les relations avec le personnel de direction.

C’est un secret de polichinelle que, dans le réseau de l’éducation, il y a un réel problème de climats de travail dans les établissements. Les histoires, parfois abracadabrantes, parfois infiniment tristes, sont nombreuses. Mais encore fallait-il pouvoir quantifier clairement et indubitablement la situation. C’est maintenant chose faite; Les résultats parlent d’eux-mêmes !